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Romuald, styliste couturier

BESANCON (25)

🎤 Interview par Sarah, apprentie reporter en 3e
Témoignage #conseils #metier #artisanat

👩🏻 Bonjour, est-ce que vous pouvez vous présenter ? 


Je m'appelle Romuald. J'ai 35 ans et je suis maître artisan d'art couturier.

👩🏻 En quoi consiste le métier de styliste ?


Un·e styliste dessine et crée des vêtements, des collections. Il·elle va travailler sur des planches d'ambiance, il·elle va réfléchir à des thématiques, il·elle va faire tout le travail de recherche. Il·elle peut être accompagné·e par des assistant·e·s stylistes, etc. Donc, il peut y avoir une équipe derrière lui·elle. À partir de l'idée, on va réfléchir aux formes, aux couleurs, aux textures, aux coupes, aux références. Et puis, on revient à l'idée.

👩🏻 Quelles qualités il faut avoir pour faire ce métier ?


Il y en a plusieurs. C’est propre à chaque personne, chaque univers, chaque façon de travailler. Pour moi, la plus importante c’est la patience, le calme. En fait, c'est un métier extrêmement minutieux. On est dans la délicatesse. On emploie parfois des matières extrêmement fragiles. Du coup, il faut de la concentration

Si on est styliste et couturier·ère et qu'on fait ses propres créations, il va falloir être extrêmement créatif : ce sera la principale qualité qu'il faudra avoir.

👩🏻 Doit-on savoir coudre pour être styliste ?


Il faut bien faire la part des choses entre deux métiers : le styliste et le·la couturier·ère. Le·la styliste ne va faire que dessiner. Le couturier·ère ne va faire qu'assembler. D'ailleurs, on appellera plutôt ça modéliste.

Le·la styliste, lui, doit avoir des connaissances multiples pour pouvoir dessiner son modèle et que ce soit esthétiquement et techniquement possible. Mais à mon sens, c'est un véritable atout de savoir coudre.

 

On a quand même besoin d'un apprentissage : soit il est sur le terrain, soit il est en école.
romuald, styliste autour d'un buste avec une robe

Mes conseils

  • Ne pas se mentir à soi-même : pour moi, il faut faire ce qu'on est, sinon ça ne marchera pas.
  • Pour moi, les meilleur·e·s stylistes sont ceux qui sont de véritables humains, qui sauront parler à des gens, qu'ils soient mannequins ou « petites mains ». Peu importe qui : il faut toujours de l'humain et du respect.
chat utilisant une machine à coudre

👩🏻 Quelles sont les études à suivre ? Est-ce qu'on peut être styliste sans avoir fait des études ?


On peut être styliste sans faire d'études. Comme on peut faire de la cuisine chez soi sans avoir fait d'études. Mais ça reste un métier, avec des techniques, des savoir-faire qui se transmettent. S’il existe des diplômes dans ces métiers-là, c'est qu'ils servent à quelque chose. On a quand même besoin d'un apprentissage : soit il est sur le terrain, soit il est en école. 

En gros, ça va du plus bas niveau jusqu'au plus haut - CAPCertificat d'aptitude professionnelle, Bac pro, BTSBrevet de technicien supérieur, Licence, etc. Et après, on aura des spécialisations en fonction du domaine dans lequel on veut travailler parce que la couture et le stylisme, c'est extrêmement large : prêt-à-porter, lingerie, costume, déguisement, robe de mariée, haute couture, homme, femme, enfant, etc.

👩🏻 Et vous ? Quel est votre parcours ?


Je me suis arrêté en Bac pro. J'ai ensuite passé mon label de maître artisan d'art pour valider quand même un certain acquis. Mais j'ai refusé d'aller en BTSBrevet de technicien supérieur parce qu’il ne concerne que la mode industrielle. 

Pour travailler dans l’artisanat d’art, il faut maintenant se tourner vers des écoles privées après le Bac ou le BTSBrevet de technicien supérieur. Et, ça peut être très, très chère. Moi, c’est ce que j’ai fait. 

👩🏻 Alors, comment se lancer ?


En indépendant, tu vas créer ta propre marque. Tu peux te lancer à tout moment, même dès demain. Plus tu vas apprendre, plus tu pourras faire évoluer ton entreprise. Il faut être prêt à être déjà polyvalent parce que ça va demander de la comptabilité, de la gestion d'argent. On va même pousser jusqu'à la vente, la communication de sa marque, le secrétariat, la comptabilité. Un vrai couteau suisse, mais en mode professionnel.

Pour travailler en tant que salarié, tout dépend. Dans la haute couture, il faudra des diplômes reconnus. Et si c'est dans des usines à la chaîne, certaines usines ont leur propre centre de formation qui permet d'apprendre le métier. Mais en tout cas, chaque diplôme, chaque formation sera un atout.

👩🏻 On dit que les stylistes exercent un métier glamour. Qu'est-ce que vous en pensez ?


Eh bien, c’est faux ! Ce qui est glamour, c'est quand la robe est finie. Il ne faut vraiment pas oublier tout le travail qu'il y a derrière. Si on regarde les yeux d'un·e couturier·ère, il y a les poches jusque-là. Si on regarde ses doigts, ils sont abîmés. Si on regarde son dos, il y a une attelle ou une ceinture pour redresser. Même sur les défilés, quand on passe en coulisse, ça court, ça se déshabille rapidement, ça crie parfois ! 

Ça reste en fait un monde d'êtres humains.
 

💬 Sarah, apprentie reporter pour Explore Demain

Kikou, je me présente : Sarah, 14 ans, en classe de 3e - eh oui, l'année du brevet 🥶. J’ai toujours aimé la mode, étant très créative et amatrice de dessin. Cela me paraît donc naturel que je me tourne vers le stylisme pour mon avenir.

Publié le 30/04/2026